Les contes d'Errüaleyram : Blanche-Neige
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Il était une fois, dans un pays lointain, une reine dans son magnifique château hanté. Comme elle était un peu sotte, elle tenait à savoir qui était la plus belle de son royaume. Pour cela, rien de plus facile, elle chercha sur le site web de son royaume. Tout en tapant sa recherche, elle dit : « Miroir, miroir magique, qui est la plus belle d’entre toutes les femmes du royaume ? » car s’était une tradition familiale. Quelques instants plus tard, elle put lire :
« Les plus belles filles du royaume :
1° Blanche-Neige
2° La Reine
3° Cendrillon. »
Or Blanche-Neige travaillait comme servante non-payée au château de sa belle-mère (c’était une tradition familiale de la famille de Blanche-Neige que d’être au service d’une méchante belle-mère qui était aussi la reine du royaume, reine jalouse de la beauté de la Blanche-Neige de l’époque). La reine, fulminante, convoqua son chef d’état-major et lui donna la mission de ramener le cœur de Blanche-Neige dans un coffret. Le chef d’état-major alla chercher Blanche-Neige et l’emmena dans un coin profond de la jungle. Mais au bout d’un moment, le chef d’état-major constata que Blanche-Neige était non-seulement belle, mais aussi intelligente, gaie et drôle. Elle était la fille qu’il aurait aimé avoir. Il la regarda encore, déchiré entre l’envie de sauver sa peau et l’envie de ne pas commettre un meurtre qui l’empêcherait de se regarder dans une glace jusqu’à la fin de ses jours. Elle était vraiment belle avec ses longs cheveux noirs bouclés, ses joues roses, ses yeux pétillants, sa taille svelte et son teint de porcelaine enneigée qui lui avait valu son nom. Ne sachant que faire, il décida de lui en parler. Aussitôt, sans perdre sa bonne humeur, elle lui répondit :
« -J’ai une aïeule qui s’est retrouvée dans un cas semblable à celui-là. Le chasseur qui l’accompagnait a tué une biche et lui prit son cœur.
- Très bonne idée, mais il n’y a pas de biche dans cette jungle.
- Prenez-donc celui d’un singe.
- Bonne idée. »
Après avoir mis le cœur d’un gorille dans un coffret, le chef d’état-major quitta Blanche-Neige qui le remercia chaleureusement de ne pas l’avoir tuée. Blanche-Neige continua de s’enfoncer dans la jungle tandis que le chef d’état-major retournait au château. Blanche-Neige fit la rencontre d’une famille d’orang-outan, d’un serpent qu’elle évita de réveiller, d’un tigre, d’un perroquet et d’un caméléon. Il était tard quand elle aperçut une cabane dans un arbre. Elle comprit pourquoi on l’avait incité à mettre une robe au moment de l’escalade. Ce n’était vraiment pas pratique. Alors, elle prit le tee-shirt et le jean qu’elle avait eu la bonne idée de cacher sous sa robe et se changea en un temps record (pour une fille). Après, elle entreprit de recommencer son ascension dans l’arbre, ce qu’elle réussit finalement à faire après beaucoup d’efforts. Elle frappa, sans succès. Elle se rappela que son aïeule était entrée sans se poser de questions, mais elle eut 2 raisons de ne pas entrer sans permission. 1 : ce n’était pas poli, 2 : elle s’était jurée de rompre la tradition familiale qu’elle trouvait stupide. D’ailleurs, elle ne connaissait pas la suite de l’histoire. Elle avait trouvé le début de l’épopée de son aïeule tellement stupide qu’elle été partie avant la fin de l’histoire. Elle s’assit sur le perron et attendit le retour des occupants de la maison. Elle s’endormit quelques minutes plus tard, éreintée. Laissons donc Blanche-Neige dormir tranquillement et rejoignons plutôt le chef d’état-major. Lorsque la reine accepta de le voir, il lui présenta le cœur de gorille. La reine, folle de joie courut voir le site web de son royaume. Malheureusement pour elle, la mise à jour du site était le lendemain.
Blanche-Neige se réveilla en sursaut, alertée par un bruit inhabituel. C’est alors qu’elle vit un petit bonhomme qui grimpait à l’aide d’une échelle. Tout aussi surprit qu’elle, il attendit que six autres petits bonhommes le rejoignent avant de prendre la parole.
« - Qui es-tu ? lui demanda-t-il, méfiant.
- Je m’appelle Blanche-Neige et je vous demande asile pour la nuit. »
Blanche-Neige savait ô combien la reine était détestée par son peuple. Aussi elle reprit :
« -La reine me cherche. S’il vous plaît, aidez-moi ! »
Vraisemblablement, il ne plaisait pas à certains petits bonhommes de l’aider. Celui qui semblait être le chef du groupe dit alors :
« - Tu pourras rester, à condition de nous aider pour les tâches ménagères. Marché conclu ?
- Marché conclu, répondit Blanche-Neige. »
Ils se serrèrent la main et il l’invita à entrer. Puis il entama les présentations. Il était à la tête d’une bande de sept nains qui se faisaient appeler « Les Nains de la Jungle ». Leur chef s’appelait Lechef. Son voisin, encore plus petit, était en train de se lécher les babines à la vue du repas que préparait Blanche-Neige. Il était très gros et se nommait Obailixeulegaulois. Le voisin de lit d’Obailixeulegaulois se prénommait Perfectionix. Il était originaire de Gaule, d’un petit village d’Armorique et replaçait les couverts mis par Blanche-Neige. Il y avait aussi Sciencenat. Il connaissait toutes les plantes comestibles de la jungle au grand bonheur d’Obailixeulegaulois et toutes les espèces d’animaux présentes dans la jungle. Vivaldix était le frère de Perfectionix. Il était le musicien du groupe. Leur maison était donc dotée d’un orgue et d’un piano miniatures, d’un violon ¼, d’une petite flûte à bec et d’un ukulélé. Grand’manières était le plus grand des nains. Il était hautain avec tout le monde, orgueilleux et se croyait obligé de montrer tout le temps ses bonnes manières. Il était le moins apprécié du groupe. Venait en dernier Kiri, la seule naine du groupe. Elle était tout le temps en train de rire, de faire des blagues ou des clash dont tout le monde riait, même celui qui était visé, sauf Grand’manières qui levait les yeux au ciel de désespoir (comble de son malheur, c’était souvent lui la cible des blagues de Kiri). Kiri aimait tout sauf les vaches. Ainsi commença la nouvelle vie de Blanche-Neige. Dès qu’ils eurent fini de manger, les nains allèrent se coucher, laissant seule Blanche-Neige qui s’affairait à la cuisine et au ménage et qui alla se coucher deux heures plus tard (la maison était petite pour elle, donc ça allait vite). Le matin, ils se réveillèrent au chant du gorille. La maison était en effervescence. Blanche-Neige prépara le petit déjeuner et le pique-nique des nains qui partaient toute la journée à leur mystérieux travail, Obailixeulegaulois salivait devant les œufs au bacon en train de cuire, Lechef étudiait la météo avec Sciencenat, Perfectionix replaçait les couverts mis par Blanche-Neige, Grand’manières faisait la morale à Kiri qui en était écroulée de rire et Vivaldix faisait ses vocalises. À table, Blanche-Neige leur demanda ce qu’ils faisaient comme travail. Lechef lui répondit qu’ils travaillaient dans une mine. Une mine de sel. Puis, les nains quittèrent Blanche-Neige en lui recommandant de n’ouvrir à personne. Retournons à notre méchante reine. Le lendemain, le site web de son royaume affichait :
« Les plus belles filles du royaume :
1° Blanche-Neige
2° La Reine
3° Aurore. »
Il y avait bien un changement, mais pas celui que la reine escomptait. La reine partit pour voir l’auteur de la rubrique, un certain Kireporteraunjoureureporteratoujoureu. Elle lui annonça que Blanche-Neige était morte. Il lui répondit que oui mais non, Blanche-Neige s’était sauvée. Il lui montra le film qu’un des admirateurs de Blanche-Neige avait fait (il avait suivi Blanche-Neige et le chef d’état-major). La reine fut surprise de constater que la défunte ne l’était pas et fut très désappointée quand elle apprit qu’elle avait été trahie et que Blanche-Neige avait de très grands admirateurs. Elle rentra au château, furieuse et le fut encore plus en apprenant qu’elle ne pourrait pas décapiter le chef d’état-major car il s’était enfuit. Elle descendit dans les entrailles de son château hanté, rencontra quelques fantômes, zombies et autres mort-vivants, et arriva dans une salle camouflée par une teinture. Elle ouvrit son livre de magie noire, le consulta, prit une belle pomme bien verte (et non rouge, question de variété), concocta un poison violent, trempa la pomme dedans, fit appel à son chef en chirurgie esthétique, lui demanda de la transformer en vieille femme très laide, mais que ce ne soit pas irrémédiable, hein, parce que bon, elle n’allait pas supprimer la plus belle du royaume pour devenir la plus laide. Puis elle se rendit dans la jungle, chercha longtemps et trouva enfin la maison des nains. Elle escalada l’arbre et pesta car elle portait une longue robe noire. Quand elle arriva enfin en haut, elle frappa au carreau de la fenêtre de la cuisine où Blanche-Neige cuisinait un crumble. Blanche-Neige n’ouvrit pas. Elle leva la tête, hurla à la vue de la reine et courut se barricader ailleurs. La reine défonça la porte, trouva la pièce où Blanche-Neige se cachait et dit :
« -Allons belle enfant, ne veux-tu pas cette belle pomme bien verte aux vertus surprenantes ? »
Blanche-Neige lui répliqua que pendant 10 ans elle avait été nourrie aux pommes et qu’elle ne voulait plus en entendre parler. D’ailleurs, la vieille femme ferait mieux de partir parce qu’elle n’avait pas une très bonne tête. Blanche-Neige la pria de partir vite parce qu’elle devait finir son crumble. Aux prunes. La reine ne voulut rien savoir. Alors, Blanche-Neige ouvrit brusquement la porte et poussa la reine du haut de l’arbre. La reine s’écrasa au sol. Elle ne survécut pas. C’est alors qu’apparut un homme. Il demanda à Blanche-Neige où était la reine. Quand il apprit qu’elle était morte, il partit en criant que c’était un scandale, qu’on ne pouvait plus sauver une jeune fille en détresse car elles se sauvaient toutes seules. Ce jour-là, Blanche-Neige fit le vœu de rester vierge. Elle changea aussi de nom parce que, franchement, voilà (elle trouvait ça long et niai et présomptueux). Blanche-Neige devint Nadège (ce fut le premier nom qui passa par la tête de Kiri).
Blanche-Neige mourut quelques années plus tard. Elle mourut de honte après qu’à une veillée, elle et ses amis lurent ensemble les aventures de son aïeule.
FIN
