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Les contes d'Errüaleyram : Aurore

Il était une fois, dans un pays lointain, un roi et une reine qui eurent un enfant. Rien d’exceptionnel me direz-vous, mais si, car ils en attendaient un depuis très longtemps. Ils commirent la bêtise de ne pas inviter à la présentation de l’enfant au peuple une sorcière qui se prénommait Maléfice. Folle de rage, elle jeta un sortilège sur la pauvre enfant qui n’avait rien demandé à personne. Elle dit « Quand viendra le 18e anniversaire de cette enfant, elle se piquera le doigt à une quenouille et mourra ! ». Puis elle partit en lançant le légendaire « mouhahahaha » des méchants. Les trois bonnes fées présentes à la présentation de l’enfant avaient, pour deux d’entre elles, déjà lancé leurs sorts (l’une la dota de beauté, l’autre, certainement pas très douée, tenta de la doter d’intelligence). La troisième fée n’avait pas la puissance de Maléfice. Aussi, elle dit que l’enfant, qui se nommait Aurore, ne mourrait pas, mais dormirait jusqu’à ce qu’un prince, environ cent ans plus tard, vienne la réveiller de son sommeil. Pour assurer la protection de la princesse Aurore, le roi et la reine la confièrent aux trois bonnes fées qui eurent pour mission de la cacher. Elles l’emmenèrent vivre dans une maison abandonnée. La princesse grandit, et oui, elle devint belle, et non elle ne devint pas intelligente. Elle devint une grande blonde qui ne pensait qu’à un prince dont elle avait rêvé une fois. Elle chantait et parlait avec les animaux, et elle dialoguait (seule) avec eux. Mais c’était une brave petite, et si elle eut été dans un village, on aurait certainement pu dire « On l’aime bien au village ! ». Elle ne savait pas qu’elle était une princesse et elle ne savait pas non plus qu’elle avait trois bonnes fées comme mamans. Le jour de son 18e anniversaire, les trois bonnes fées partirent faire les soldes. Maléfice, qui s’y trouvait aussi (elle avait besoin d’une nouvelle robe noire) les vit et les reconnue. Pendant ce temps, Aurore, que les fées avaient renommées Rose, était allée cueillir des framboises. Elle ne trouva pas de framboises, mais un jeune homme, qui ressemblait étrangement au prince dont elle avait rêvé la nuit même. Ils chantèrent ensemble, puis, ils se quittèrent avec difficulté en se promettant de se revoir. Quand « Rose » rentra chez elle, les bonnes fées lui apprirent qu’elle était une princesse, qu’elles étaient des fées, qu’elle s’appelait en réalité Aurore et qu’elle était déjà promise à un prince. Aurore fondit en larmes. Elle ne reverrait jamais le beau jeune homme dont elle avait rêvé. La nuit même, les trois fées partirent avec Aurore la ramener à ses vrais parents. Aurore était toujours triste et les fées la laissèrent pleurer dans une salle du château. Peut-être que cela vous rassurera, mais elle ne pleurait pas parce qu’elle s’en voulait d’avoir posé un lapin au prince. Qui se fit enlever et tuer par la sorcière Maléfice car il était un danger potentiel (il pourrait réveiller Aurore, non mais !). Elle le tua rapidement car une fois, une de ses ancêtres avait commis l’erreur de ne pas avoir tué directement le prince qu’elle avait emprisonné. Et donc, résultat : il s’était enfuit et il avait réveillé la princesse que l’ancêtre de Maléfice avait endormie. La princesse et le prince vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants. Pour éviter cela, Maléfice tua donc le prince. Puis elle se rendit au château et attira Aurore près d’une quenouille magique. Aurore, allez savoir pourquoi, toucha l’aiguille et tomba raide endormie, comme le reste du château. Quand les fées la retrouvèrent, elles coururent chercher le jeune homme dont s’était éprise Aurore. Mais, là encore, elles arrivèrent trop tard. Elles cherchèrent donc n’importe qui, le dotèrent d’un bouclier magique et d’une épée toute aussi magique, lui recommandent de s’y accrocher et l’envoyèrent se faire tuer par Maléfice qui s’était changée en dragon. Il mourut carbonisé mais il s’était bien accroché à l’épée. Et au bouclier. Les fées cherchèrent, mais ne trouvèrent personne.

Finalement, elle dort encore, aujourd’hui, car aucun prince ou jeune homme n’a envie de finir en brochette pour dragon.

 

FIN

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