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Le presse-papier

  • Errüaléyram
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(Sur l’air de la chanson « Les champs Élysées »)Je me baladais sur l’avenue, le cœur ouvert à l’inconnu, j’avais très envi d’acheter un presse-papier, quand soudain dans une vitrine je vis une petite figurine qui m’attira comme ça je sais pas pourquoi !

Quand soudain, je vis une magnifique figurine représentant un chien à trois têtes que j’identifiais comme Cerbère, le chien qui gardait l’entrée des Enfers. Le marchand, s’apercevant que j’observais le chien, alla le chercher et me raconta tout un tas de choses que je n’écoutais qu’à moitié. Les yeux du Cerbère semblaient vrais, ils étincelaient.

Je l’achetais immédiatement, sans vraiment me rendre compte que je me faisais arnaquer sur le prix. Le trajet pour rentrer me parut instantané. Je ne faisais que regarder mon Cerbère. J’imaginais que ce chien était le vrai Cerbère, celui qui gardait l’Entrée des Enfers. Peut-être cette figurine avait-elle appartenu à quelqu’un de célèbre, à un roi, même ! Mes idées, plus folles les unes que les autres, s’embrouillaient dans ma tête. Quand soudain, donc, j’étais entrain de poser le chien sur mon bureau.

Comme il était tard, je me préparais à me coucher, mangeai en ne cessant de regarder mon presse-papier et me couchai. À minuit, je me réveillai, sans savoir pourquoi. Tout d’abord, quand j’ouvris les yeux, je vis deux yeux rouges qui me regardaient. Je poussais un bref glapissement, quand je m’aperçu que ce n’était que mon presse-papier. Cependant, il n’était pas sur mon bureau, là où je pensais l’avoir posé, hier soir. Je me levai, allai le poser sur mon bureau et me recouchai. À minuit et quart, je me réveillais de nouveau et vis encore, juste devant moi, mon presse-papier dont les yeux s’illuminaient de malveillance. Je crus que j’avais rêvé mon premier réveil, replaça le presse-papier sur mon bureau et me recouchai, me demandant si, dans mon sommeil, je ne voyais pas l’avenir. À minuit trente, je revécus la même scène. Mais là, je ne remis pas mon Cerbère sur le bureau. À minuit quarante-cinq, je vis mon presse-papier se déplacer. Et là, je me dis qu’il y avait un problème. Cerbère cracha un jet de flammèches qui me roussirent les poils des bras. Je courus chercher un extincteur, en arrosais mon chien et le jetai précipitamment par la fenêtre. Encore tremblant de la scène que je venais de vivre, je me recouchai. Mais à deux heures du matin précises, il était de nouveau devant moi. Je me précipitai vers la cuisine, pris un couteau, démembrai mon presse papier, mis chaque morceau dans une enveloppe différente que j’envoyai à Pékin. Je me demandai si je ne devais pas me livrer à l’asile des fous. Mais je n’avais pas très envi de finir ma vie là-bas et je me dis que, finalement, une pierre pourrait très bien servir de presse papier…

 

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