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Une histoire philosophique

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Suite à son cours de philosophie, Caelina, une jeune élève du IVe siècle avant Jésus-Christ, pose des questions à son maître, philosophe.

Caelina : Maître, excusez-moi, j’ai quelques questions à vous poser.

Le Maître : Faîtes-donc.

Caelina : Peut-on dire que chaque souvenir fait partie de notre identité ?

Le Maître : Tout d’abord, qu’est-ce que notre identité ?

Caelina : C’est notre, nom, notre prénom, notre âge, notre nationalité.

Le Maître : Ce que tu viens de me dire, c’est notre identité que j’appelle « citoyenne ». Ne penses-tu pas que l’identité peut-être aussi tout autre ?

Caelina : Si... Par exemple, notre famille : nos frères, nos sœurs, nos parents, nos ancêtres, ou bien notre apparence : nous sommes tous différents, nous somme roux, bruns, châtains, blonds, Nous avons des yeux verts, bleus, marrons… Nous sommes grand, petits, gros, fins, infirmes…

Le Maître : Bien. A présent, qu’est-ce qu’un souvenir ?

Caelina : C’est quelque chose dans notre mémoire ? Quelque chose dont on se rappelle ? Quelque chose d’agréable ?

Le Maître : Ne penses-tu pas qu’un souvenir peut-être désagréable ?

Caelina : Non. Cela peut être un souvenir d’une fête de famille, un repas festif, une veillée d’hiver autour d’un feu…

Le Maître : N’as-tu pas de souvenirs désagréables ? Comme une fois où tu es tombée, ou la perte d’un proche ?

Caelina : Si, mais ceux-là, je veux les oublier... Donc, les souvenirs font partie de nous ?

Le Maître : Oui. Mais c’est aussi une question de point de vu. On peut vouloir, comme toi, les oublier. Cependant, ils font partie de toi.

Caelina : Vraiment ? Dans ce cas, pourquoi voudrais-je oublier une partie de mon identité ?

Le Maître : Commençons par le commencement. Que veut dire oublier ?

Caelina : Oublier veut dire ne pas se rappeler, laisser derrière soi.

Le Maître : Oui. Que penses-tu de ta question ?

Caelina : On peut vouloir oublier un mauvais souvenir, la perte d’un proche ?

Le Maître : Effectivement. Pourquoi ?

Caelina : Parce que c’est désagréable ?

Le Maître : Oui. Parfois, on veut même s’oublier soi-même car nous avons perdu tout ce à quoi nous tenions.

Caelina : Par exemple ?

Le Maître : Notre famille, nos biens, nos amis. Parfois, pour les enfants, ils ont reçu un choc si dur, comme la perte de toute sa famille d’un coup dans un incendie, par exemple, qu’ils oublient tout. Surtout si ils ont vu leurs parents, leurs frères, leurs sœurs, succomber de leurs propres yeux. Ils veulent oublier. Ils ne savent plus qui ils sont.

Caelina : Peut-on espérer avoir un avenir sans savoir qui on est ?

Le Maître : Qu’est-ce que l’avenir ?

Caelina : C’est un futur ?

Le Maître : Oui. Mais tu sais, certaines chose valent mieux être oubliées. Comme la vue d’un carnage sans en faire partie. Le problème, c’est qu’après, nous avons l’impression d’avoir perdu une partie de nous. Nous avons donc envie de retrouver le souvenir. Parfois nous y arrivons, parfois non. Et une fois que nous y sommes arrivés, parfois l’horreur est telle que nous ne voulons pas que ce soit notre passé. Pour répondre à ta question, cela dépend des cas. Quand nous sommes amputés d’une partie de nous, parfois, il vaut mieux retrouver le passé, quitte à ne pas l’accepter. Mais pour certains, on peut avoir un avenir sans savoir qui ont est vraiment. Dans ce cas, il faut accepter de ne pas savoir. Il faut recommencer. On se construit un passé, une identité.

Caelina : Moi, je ne suis pas tout à fait d’accord. Je pense qu’on ne peut pas vivre sans savoir qui on est. Car je m’imagine moi-même sans savoir qui sont mes parents, sans avoir d’identité. Cela me serait insoutenable.

Le Maître : Cela dépend des caractères et de la gravité de la perte du souvenir. Si on ne sait pas qui sont nos parents, cela peut ne pas être très grave si nous sommes adoptés.

Caelina : Je ne suis pas d’accord. Je ne pourrais jamais vivre sans savoir qui sont mes parents, sans savoir même si ils sont encore vivants ou non.

Le Maître : La encore, c’est une question de point de vue.

Caelina : Peut-être… Mais alors, faut-il oublier le passé pour se donner un avenir ?

Le Maître : Peut-être que parfois oui, parfois non. Cela reprend l’ensemble de tes questions. Si c’est trop difficile, peut-être que non. Si nous sommes de caractère sage, peut-être peut-on nous y résigner. On peut aussi s’y résigner pendant l’enfance et partir sur la trace de nos ancêtres une fois que nous avons grandi. Il ne faut pas non plus rester cloitré dans le passé. Il faut mûrir, laisser le passé dans le passé. Il ne faut pas vivre dans le passé. Il faut quitter le passé pour vivre dans un présent nouveau. Cependant, il ne faut en aucun cas occulter un pan entier de ta mémoire car il ne faut pas répéter les erreurs du passé. En effet, certains historiens pensent que l’Histoire n’est qu’un éternel recommencement. On peut donc éviter des guerres sanglantes en se rappelant de celles qui nous ont précédés.

 

FIN

(Mais est-ce vraiment la fin, ou est-ce le début ?)

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A
le sujet est vraiment très bien choisi
Répondre
E
Merci !
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